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FROM THE EDITOR

The Legal 500 Paris est un ouvrage de référence pour des milliers de professionnels du droit des affaires, y compris de très nombreux juristes d’entreprises. Nous y classons près de 300 cabinets d’avocats opérant en France. Plus qu’un simple annuaire, The Legal 500 Paris offre une analyse détaillée de 45 domaines d'expertise juridique différents.

Le travail de recherche est effectué par une équipe de rédacteurs expérimentés qui s’entretiennent chaque année avec des centaines d’avocats et interrogent des milliers de clients. Ce sont sur ces bases que sont établis les classements, tous accompagnés d’un éditorial qui passe en revue les forces et l’expertise de chaque cabinet.

Pour toute question sur The Legal 500 Paris, veuillez contacter par email editorial@legal500.com.


Le 7 mai 2017, les Français ont porté à la tête du pays le plus jeune Président de la République Française depuis Napoléon. Emmanuel Macron et son ‘esprit de conquête’ parviendront-ils à faire évoluer les mentalités, à moderniser la République et à faire renaitre l’espoir et l’envie dans le cœur des Français?

S’il est encore trop tôt pour le dire, il semblerait que l’esprit de conquête ne souffle pas seulement en politique. Après des années marquées par un fort pessimisme depuis la crise de 2008, les cabinets d’avocats français semblent eux aussi décider à relever les défis de demain. Les réflexions stratégiques vont bon train et pour beaucoup d’indépendants, il faut se décloisonner: ‘on ne pourra pas rester seul sur notre niche comme ça pendant des années, notre business modèle va devoir évoluer, il faut faire venir des équipes ou fusionner; si on veut viser les dossiers les plus complexes, il faut être entourés’, constate un associé d’un cabinet de niche.

Certains cabinets français ont déjà franchi le pas: LPA-CGR Avocats est né en 2016 (180 avocats, dix bureaux), Lerins & BCW en 2017, quand Viguié Schmidt et SLVF ont annoncé leur rapprochement à l’été 2017.

Le mot d’ordre est donc au recrutement, au rassemblement des expertises, à la croissance et à la modernisation avec pour axes principaux le digital, l’international et le régional. De nombreux cabinets français développent dès lors des partenariats avec d’autres confrères indépendants en France et renforcent leurs réseaux européens et internationaux – un pré-requis pour survivre face à la concurrence des Anglo-Saxons et être en capacité de toucher des dossiers haut de gamme ou à haute valeur ajoutée.

Les statuts de counsel et même d’associé non-equity apparaissent dans les cabinets français, et nombreuses sont les ouvertures de bureaux en région (Lyon, Bordeaux) par des cabinets d’affaires parisiens. Les cabinets cherchent également à s’équiper d’une offre digitale – la legal tech fleurit en France et les legal startups viennent directement concurrencer les cabinet d’avocats sur leur business traditionnel.

Chez les grands cabinets d’affaires français comme internationaux, l’ambiance est plus tranchée. ‘La France rétrécit!’ constate amèrement une des grandes figures du marché, associé d’une grande firme internationale.

Les marchés des fusions-acquisitions et du LBO n’ont plus grand chose à voir avec ce qu’ils étaient avant crise, que ce soit en valeur ou en volume. Ils attirent certes encore de grands investisseurs internationaux, dont Américains et Asiatiques, notamment dans les secteurs de la santé et de l’énergie, mais les grands groupes français sont peu actifs sur leur marché national et réalisent maintenant l’essentiel de leurs opérations à l’international.

En conséquence, les grandes opérations de fusions-acquisitions sont souvent transfrontalières et limitées en volume – environ 50% des revenus générés par un grand cabinet d’affaires français dérive d’opérations internationales. ‘Les grandes firmes internationales sont avantagées; comment les cabinets français peuvent-ils survivre au niveau de l’élite dans cet environnement’, s’interroge un associé d’un grand cabinet français.

La France de ‘l’esprit de conquête’ saura-t-elle faire mentir celle de la ‘France qui rétrécit’?

Craignant une ‘paupérisation’ du marché, les grandes firmes internationales cherchent de nouveaux axes de développement rémunérateurs. Le regulatory est devenu un important levier de croissance. De ce point de vue, la récente adoption de la Loi Sapin II – loi sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique – a été accueillie très favorablement par de nombreux cabinets d’affaires: ‘Les entreprises vont devoir mettre en place des process anti-corruption. Toute la place est excitée: ça demande une importante main d’œuvre’ se réjouit un associé d’un grand cabinet.

Dans la même lignée, l’adoption du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, qui impose des sanctions financières importantes en cas de non respect, est également perçue comme source de revenus.

Les marchés des services financiers, du capital risque et des fonds d’investissement sont également des secteurs en plein dynamisme. Le marché français du capital risque figure parmi les premiers d’Europe: ‘Comme on fait maintenant fortune dans l’économie digitale, le marché est en pleine révolution. En France, on a plein d’ingénieurs. Tous les segments du private equity attirent et il y a beaucoup d’argent à investir’ s’enthousiasme un associé spécialiste du private equity.

La clientèle d’entrepreneurs, de dirigeants et de groupes familiaux est également très courtisée par les cabinets d’avocats.

Malgré une année 2016 qualifiée ‘d’année historique’ en termes de revenus générés, les tensions entre associés sont importantes et les mouvements d’équipes sont très nombreux dans les grandes firmes – particulièrement chez les Anglais.

Les cabinets King & Wood Mallesons et Olswang ont ainsi fermé leur bureau parisien. L’essentiel des effectifs de la firme chinoise a rejoint Reed Smith, qui après une année 2016 compliquée, a refait peau neuve en 2017 avec un nouveau dispositif haut de gamme en fiscalité (Sylvie Vansteenkiste, Raphaël Béra et Fanny Combourieu ex King & Wood Mallesons, auxquels se joignent Jean-Pierre Collet, Florence Bilger et David Colin, ex Winston & Strawn LLP), et des expertises renforcées en concurrence (Marc Lévy et Natasha Tardif) et en corporate (Guilain Hippolyte et Pierre-Louis Périn). Les deux associés de référence, Nathalie Duguay et Arnaud David, en matière de création de fonds, ont eux en revanche respectivement rejoint Willkie Farr & Gallagher LLP et Goodwin.

Ashurst LLP a fait les gros titres en 2017 en perdant l’essentiel de ses équipes de private equity (Guy Benda, Yann Gozal et Nicolas Barberis) et de financement (Laurent Mabilat et Stéphanie Vannier Corbière) au bénéfice de Freshfields Bruckhaus Deringer LLP. L'équipe fiscale, emmenée par Nadine Gelli, à quant à elle rejoint De Pardieu Brocas Maffei. Enfin Gibson Dunn a su attirer dans ses rangs l'équipe experte en entreprises et difficulté et contentieux avec Jean-Pierre Farges, Eric Bouffard et Pierre-Emmanuel Fender, accompagnés de Bertrand Delaunay qui est un spécialiste du corporate et private equity.

Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP a beaucoup recruté en 2016 en attirant une équipe de 12 avocats en provenance de Gowling WLG, dont l’avocat-fiscaliste Pierre Appremont.

Ogletree Deakins a été le premier cabinet américain dédié au droit social à ouvrir un bureau en France le 1er mars 2017 suite aux recrutements de Karine Audouze (ex Olswang Paris) et Jean-Marc Albiol (ex Hogan Lovells (Paris) LLP). C’est le deuxième cabinet américain de niche en droit social qui s’intéresse de près au marché français après Littler Mendelson qui a signé un partenariat stratégique avec Fromont Briens.

Chez les Français, Altana a raflé une équipe de 4 associés et de 12 collaborateurs à De Gaulle Fleurance & Associés: Valérie Lafarge-Sarkozy, Frank Valentin, Gilles Gaillard, Frédéric Manin. Armand Aviges, (ex Cabinet Armfelt), Marie Hindré et Sylvie Grando (counsel) (ex DLA Piper), viennent s’ajouter à la liste.

En termes de mouvements d’équipes, il faut aussi mentionner: le passage des avocats-fiscalistes Jean-Yves Charriau et David Sorel d’Allen & Overy LLP chez Lacourte Raquin Tatar, la création de Bougartchev Moyne Associés par Kiril Bougartchev et Emmanuel Moyne (ex Linklaters), le départ de Patrick Hubert de Clifford Chance au bénéfice d’Orrick Rambaud Martel – qui apparait toujours plus solide.

Dans le secteur de l’immobilier, les mouvements d’équipes ont concerné entres autres Herbert Smith Freehills LLP, Paul Hastings LLP et Jones Day. Holman Fenwick Willan a continué à recruter et a renforcé ses expertises en financement en accueillant Diane de Moüy (ex Orrick Rambaud Martel) et Richard Jadot (ex Hogan Lovells (Paris) LLP).

Enfin, UGGC Avocats a été rejoint par une équipe emmenée par David Gordon Krief, Sophie Erignac-Godefroy et Julien Mayeras, auparavant chez SBKG & Associés.

ENTRETIEN AVEC...

Des associés qui sont à la tête de leur cabinet ou d’un domaine d’expertise particulier confient au Legal 500 la façon dont leur cabinet s'adapte aux besoins de leurs clients

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