Twitter Logo Youtube Circle Icon LinkedIn Icon

Paris > Introduction

Le marché en 2016-2017

Le 7 mai 2017, les Français ont porté à la tête du pays le plus jeune Président de la République Française depuis Napoléon. Emmanuel Macron et son ‘esprit de conquête’ parviendront-ils à faire évoluer les mentalités, à moderniser la République et à faire renaitre l’espoir et l’envie dans le cœur des Français?

S’il est encore trop tôt pour le dire, il semblerait que l’esprit de conquête ne souffle pas seulement en politique. Après des années marquées par un fort pessimisme depuis la crise de 2008, les cabinets d’avocats français semblent eux aussi décider à relever les défis de demain. Les réflexions stratégiques vont bon train et pour beaucoup d’indépendants, il faut se décloisonner: ‘on ne pourra pas rester seul sur notre niche comme ça pendant des années, notre business modèle va devoir évoluer, il faut faire venir des équipes ou fusionner; si on veut viser les dossiers les plus complexes, il faut être entourés’, constate un associé d’un cabinet de niche.

Certains cabinets français ont déjà franchi le pas: LPA-CGR Avocats est né en 2016 (180 avocats, dix bureaux), Lerins & BCW en 2017, quand Viguié Schmidt et SLVF ont annoncé leur rapprochement à l’été 2017.

Le mot d’ordre est donc au recrutement, au rassemblement des expertises, à la croissance et à la modernisation avec pour axes principaux le digital, l’international et le régional. De nombreux cabinets français développent dès lors des partenariats avec d’autres confrères indépendants en France et renforcent leurs réseaux européens et internationaux – un pré-requis pour survivre face à la concurrence des Anglo-Saxons et être en capacité de toucher des dossiers haut de gamme ou à haute valeur ajoutée.

Les statuts de counsel et même d’associé non-equity apparaissent dans les cabinets français, et nombreuses sont les ouvertures de bureaux en région (Lyon, Bordeaux) par des cabinets d’affaires parisiens. Les cabinets cherchent également à s’équiper d’une offre digitale – la legal tech fleurit en France et les legal startups viennent directement concurrencer les cabinet d’avocats sur leur business traditionnel.

Chez les grands cabinets d’affaires français comme internationaux, l’ambiance est plus tranchée. ‘La France rétrécit!’ constate amèrement une des grandes figures du marché, associé d’une grande firme internationale.

Les marchés des fusions-acquisitions et du LBO n’ont plus grand chose à voir avec ce qu’ils étaient avant crise, que ce soit en valeur ou en volume. Ils attirent certes encore de grands investisseurs internationaux, dont Américains et Asiatiques, notamment dans les secteurs de la santé et de l’énergie, mais les grands groupes français sont peu actifs sur leur marché national et réalisent maintenant l’essentiel de leurs opérations à l’international.

En conséquence, les grandes opérations de fusions-acquisitions sont souvent transfrontalières et limitées en volume – environ 50% des revenus générés par un grand cabinet d’affaires français dérive d’opérations internationales. ‘Les grandes firmes internationales sont avantagées; comment les cabinets français peuvent-ils survivre au niveau de l’élite dans cet environnement’, s’interroge un associé d’un grand cabinet français.

La France de ‘l’esprit de conquête’ saura-t-elle faire mentir celle de la ‘France qui rétrécit’?

Craignant une ‘paupérisation’ du marché, les grandes firmes internationales cherchent de nouveaux axes de développement rémunérateurs. Le regulatory est devenu un important levier de croissance. De ce point de vue, la récente adoption de la Loi Sapin II – loi sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique – a été accueillie très favorablement par de nombreux cabinets d’affaires: ‘Les entreprises vont devoir mettre en place des process anti-corruption. Toute la place est excitée: ça demande une importante main d’œuvre’ se réjouit un associé d’un grand cabinet.

Dans la même lignée, l’adoption du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, qui impose des sanctions financières importantes en cas de non respect, est également perçue comme source de revenus.

Les marchés des services financiers, du capital risque et des fonds d’investissement sont également des secteurs en plein dynamisme. Le marché français du capital risque figure parmi les premiers d’Europe: ‘Comme on fait maintenant fortune dans l’économie digitale, le marché est en pleine révolution. En France, on a plein d’ingénieurs. Tous les segments du private equity attirent et il y a beaucoup d’argent à investir’ s’enthousiasme un associé spécialiste du private equity.

La clientèle d’entrepreneurs, de dirigeants et de groupes familiaux est également très courtisée par les cabinets d’avocats.

Malgré une année 2016 qualifiée ‘d’année historique’ en termes de revenus générés, les tensions entre associés sont importantes et les mouvements d’équipes sont très nombreux dans les grandes firmes – particulièrement chez les Anglais.

Les cabinets King & Wood Mallesons et Olswang ont ainsi fermé leur bureau parisien. L’essentiel des effectifs de la firme chinoise a rejoint Reed Smith, qui après une année 2016 compliquée, a refait peau neuve en 2017 avec un nouveau dispositif haut de gamme en fiscalité (Sylvie Vansteenkiste, Raphaël Béra et Fanny Combourieu ex King & Wood Mallesons, auxquels se joignent Jean-Pierre Collet, Florence Bilger et David Colin, ex Winston & Strawn LLP), et des expertises renforcées en concurrence (Marc Lévy et Natasha Tardif) et en corporate (Guilain Hippolyte et Pierre-Louis Périn). Les deux associés de référence, Nathalie Duguay et Arnaud David, en matière de création de fonds, ont eux en revanche respectivement rejoint Willkie Farr & Gallagher LLP et Goodwin.

Ashurst LLP a fait les gros titres en 2017 en perdant l’essentiel de ses équipes de private equity (Guy Benda, Yann Gozal et Nicolas Barberis) et de financement (Laurent Mabilat et Stéphanie Vannier Corbière) au bénéfice de Freshfields Bruckhaus Deringer LLP. L'équipe fiscale, emmenée par Nadine Gelli, à quant à elle rejoint De Pardieu Brocas Maffei. Enfin Gibson Dunn a su attirer dans ses rangs l'équipe experte en entreprises et difficulté et contentieux avec Jean-Pierre Farges, Eric Bouffard et Pierre-Emmanuel Fender, accompagnés de Bertrand Delaunay qui est un spécialiste du corporate et private equity.

Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP a beaucoup recruté en 2016 en attirant une équipe de 12 avocats en provenance de Gowling WLG, dont l’avocat-fiscaliste Pierre Appremont.

Ogletree Deakins a été le premier cabinet américain dédié au droit social à ouvrir un bureau en France le 1er mars 2017 suite aux recrutements de Karine Audouze (ex Olswang Paris) et Jean-Marc Albiol (ex Hogan Lovells (Paris) LLP). C’est le deuxième cabinet américain de niche en droit social qui s’intéresse de près au marché français après Littler Mendelson qui a signé un partenariat stratégique avec Fromont Briens.

Chez les Français, Altana a raflé une équipe de 4 associés et de 12 collaborateurs à De Gaulle Fleurance & Associés: Valérie Lafarge-Sarkozy, Frank Valentin, Gilles Gaillard, Frédéric Manin. Armand Aviges, (ex Cabinet Armfelt), Marie Hindré et Sylvie Grando (counsel) (ex DLA Piper), viennent s’ajouter à la liste.

En termes de mouvements d’équipes, il faut aussi mentionner: le passage des avocats-fiscalistes Jean-Yves Charriau et David Sorel d’Allen & Overy LLP chez Lacourte Raquin Tatar, la création de Bougartchev Moyne Associés par Kiril Bougartchev et Emmanuel Moyne (ex Linklaters), le départ de Patrick Hubert de Clifford Chance au bénéfice d’Orrick Rambaud Martel – qui apparait toujours plus solide.

Dans le secteur de l’immobilier, les mouvements d’équipes ont concerné entres autres Herbert Smith Freehills LLP, Paul Hastings LLP et Jones Day. Holman Fenwick Willan a continué à recruter et a renforcé ses expertises en financement en accueillant Diane de Moüy (ex Orrick Rambaud Martel) et Richard Jadot (ex Hogan Lovells (Paris) LLP).

Enfin, UGGC Avocats a été rejoint par une équipe emmenée par David Gordon Krief, Sophie Erignac-Godefroy et Julien Mayeras, auparavant chez SBKG & Associés.


Podium

Le marché est dominé par les cabinets français et anglo-saxons qui sont tous, sauf exception dans certaines disciplines juridiques particulières, installés dans la Capitale française.

Les meilleurs cabinets français du marché sont: Bredin Prat – qui est généralement considéré comme le leader absolu du marché toute origine de cabinets confondue, Darrois Villey Maillot Brochier, Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I. – le seul cabinet français d’envergure internationale évoluant parmi l’élite avec 600 avocats répartis dans 14 bureaux à travers le monde – et De Pardieu Brocas Maffei.

Chez les Anglais, les firmes du Magic Circle continuent de dominer le marché: Allen & Overy LLP, Clifford Chance, Freshfields Bruckhaus Deringer LLP et Linklaters.

Enfin pour les Américains, comptent parmi les leaders: Cleary Gottlieb Steen & Hamilton LLP – qui est généralement considéré comme le grand cabinet américain de référence en France – Orrick Rambaud Martel, Latham & Watkins, Weil, Gotshal & Manges LLP et White & Case LLP.

Le marché français est également constitué de nombreux cabinets français généralistes ou plus spécialisés, très réputés. Certains sont des firmes d’excellence, parmi lesquelles on compte BDGS Associés, Cabinet Bompoint, Dethomas Peltier Juvigny & Associés et Veil Jourde.

August Debouzy, AyacheSalama, Carbonnier Lamaze Rasle, De Gaulle Fleurance & Associés, FTPA, Franklin, Jeantet, Racine et Viguié Schmidt & Associés sont de très bons cabinets français indépendants généralistes.

Chez les boutiques, parmi les plus emblématiques, on peut citer Vogel & Vogel en droit de la concurrence et de la distribution, Derains & Gharavi en arbitrage, Capstan Avocats, member of Ius Laboris, Flichy Grangé Avocats et Fromont Briens en droit social, Lantourne & Associés et Santoni & Associés pour les entreprises en difficulté, Véron & Associés en contentieux de brevets, Fairway AARPI en immobilier ou encore l’incontournable Arsene Taxand en fiscalité.


Les cabinets français à l’étranger

L’international est un enjeu majeur pour les cabinets français. Afin d’accompagner au mieux leurs clients dans la conduite des affaires, un grand nombre de structures françaises a fait le choix d’intégrer des réseaux internationaux ou européens ou d’approfondir des relations avec un ou plusieurs cabinets étrangers.

Plusieurs cabinets français ont opté en parallèle pour l’ouverture de bureaux à l’étranger. Beaucoup possèdent un bureau de représentation à Bruxelles: August Debouzy, BDGS Associés, Bredin Prat,Carbonnier Lamaze Rasle & Associés, Coutrelis & Associés, DS Avocats, De Gaulle Fleurance & Associés, Earth Avocats, Fidal, Fourgoux & Associés, Genesis Avocats, Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I., Huglo Lepage & Associés Conseil, Lazareff Le Bars, Racine, Soulier AARPI, UGGC Avocats, Vaslin Associés, Vatier & Associés, Veil Jourde, Vivien & Associes ou encore Vogel & Vogel.

Cependant, seule une poignée de cabinets français mène une véritable stratégie de développement à l’international et possède un réseau conséquent de bureaux à l’étranger couvrant plusieurs grandes régions du monde.

Combinant environ 600 avocats, Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I. est la seule firme française évoluant parmi l’élite qui soit véritablement internationale. Le cabinet possède 14 bureaux à travers le monde situés dans 12 pays. Il a cinq bureaux en Asie (Chine: Shanghai, Pékin, Hong-Kong; Vietnam: Ho Chi Minh; et Iran: Téhéran) et trois bureaux au Maghreb (Alger, Casablanca et Tunis). Il est implanté en Europe centrale et orientale (Moscou, Istanbul, Varsovie). Il possède enfin des bureaux à Bruxelles, Londres et New York.

DS Avocats possède 24 bureaux répartis entre quatre continents et dans une dizaine de pays en dehors de France. Le cabinet, qui réunit près de 400 avocats, est bien implanté en Asie; il possède trois bureaux en Chine, deux bureaux au Vietnam et un bureau à Singapour. En Amérique, le cabinet possède quatre bureaux au Canada, est doté d’une antenne à Buenos Aires, a récemment intégré le cabinet d’avocats chilien VPV (24 avocats) basé à Santiago, et a ouvert un bureau à Lima en 2017. Le cabinet dispose enfin d’une belle présence en Europe de l’Ouest avec des bureaux à Barcelone, Madrid, Bruxelles, Milan et Stuttgart. A noter au plan local, le cabinet dispose de nombreuses implantations en région: Bordeaux, Lille, Lyon et Saint-Denis de La Réunion. Le siège social du cabinet est situé à Paris.

LPA-CGR avocats est présent en Asie: Tokyo, Hong Kong et Shanghai. Le cabinet possède également des bureaux en Afrique: Alger, Casablanca, Douala, Yaoundé; aux Emirats Arabes Unis: Dubaï; et à Munich.

Jeantet est présent au Luxembourg, à Genève, à Casablanca, et en Europe de l’Est: Budapest et Moscou.

UGGC Avocats possède trois bureaux à l’international; en Asie (Shanghai), ainsi qu’à Casablanca et à Bruxelles.

En Asie, on trouve également: Adamas (Pékin et Shanghai), Axten Avocats Associés (Shanghai), et Bignon Lebray (Pékin et Shanghai). CVML est implanté à Singapour, Dubaï, Yangon (Birmanie). Cohen Amir-Aslani possède un bureau à Téhéran.

Au Maghreb, Chassany Watrelot & Associés (CWA) possède quatre bureaux dans la région; Casablanca, Tanger, Alger et Tunis. August Debouzy a une implantation à Casablanca. Pour l’Afrique subsaharienne, Vaughan Avocats est à Bamako.

Enfin, AyacheSalama, FTPA, Joffe & Associés et Schmidt Brunet Litzler ont des antennes à Londres, CastaldiPartners est à Londres et à Milan, Genesis Avocats est à Milan, Vaslin Associés a des bureaux à Bruxelles, Genève et Londres.

Les cabinets étrangers, en dehors des cabinets anglo-saxons, sont peu nombreux en France. On trouve plusieurs cabinets allemands parmi lesquels Bardehle Pagenberg, GGV Avocats à la Cour – Rechtsanwälte et Schultze & Braun.


Les avocats et les cabinets en France

Selon les données du Conseil National des Barreaux, la France compte plus de 60 000 avocats – dont au moins 40% sont rattachés au barreau de Paris

La taille des cabinets est extrêmement variable. On trouve des boutiques de quelques spécialistes qui coexistent aux côtés de grands cabinets français et internationaux comptant plus d’une centaine d’avocats, tous basés à Paris. En province, hormis quelques exceptions dans les grandes métropoles françaises, les cabinets sont en général de taille plutôt modeste, autour d’une dizaine d’avocats.

Très peu de cabinets possèdent un réseau national de bureaux développé sur le territoire. Font exception; Fidal qui compte environ 90 bureaux à travers le pays, tandis qu’Ernst & Young Société d’Avocats et Pwc Société d’Avocats ont tous les deux une dizaine d’implantations en France.

Les spécialistes du droit social, Barthélémy Avocats et Capstan Avocats, member of Ius Laboris sont également très présents en province. De nombreux cabinets parisiens montrent également un intérêt grandissant pour la province et ont ouvert ou continuent d’ouvrir des bureaux en région, notamment à Lyon et à Bordeaux.


ENTRETIEN AVEC...

Des associés qui sont à la tête de leur cabinet ou d’un domaine d’expertise particulier confient au Legal 500 la façon dont leur cabinet s'adapte aux besoins de leurs clients

Pour en savoir plus, c’est ici